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Toulouse [Oxygène]

SPORTS : Ramez pour le plaisir




Ramer pour le plaisir

Longtemps victime d’une image élitiste, l’aviron est pourtant un sport ouvert à tous. Excellent pour la santé, anti-dépresseur, il n’est pas réservé qu’aux gros costauds. Sur le Canal ou la Garonne, osez l’aviron. Dépaysement garanti en pleine ville.

Lentement, la coque effilée glisse sur l’eau verte du canal. Bernard Caribault ferme les yeux et se retrouve en quelques coups de rame en Polynésie où il habitait encore récemment. Ce musicien de 54 ans aime l’eau et vit d’ailleurs sur une péniche. Champion du monde vétéran de pirogue polynésienne, il a adopté l’aviron dès son arrivée dans cet univers urbain, il y a un an. Tous les jours, il vient ramer huit kilomètres. «Je vis dans un environnement bruyant et j’aime venir ici décompresser en ramant. Le canal est mon espace d’évasion. L’aviron est un sport zen, pas violent physiquement et à la portée de tous. C’est bon pour le dos et le moral.»


RAMER COMME ON FAIT DU VÉLO

Attention quand même! Si le canal latéral ne connaît ni les vagues ni les marées de l’océan, l’aviron demande une certaine concentration et un peu de technique pour ne pas faire des ronds dans l’eau ou tester un peu trop brutalement sa température. « Tout le monde peut pratiquer ce sport complet et excellent pour la santé, s’enthousiasme Jean-Claude Papaix, fondateur et animateur du Toulouse Aviron Sport et Loisirs (TASL). On peut commencer à n’importe quel âge et ramer de 7 à 77 ans. » L’aviron ne serait donc pas réservé aux gros bras qui alignent les kilomètres et qui souffrent le reste du temps sur des appareils de torture dans la salle de gym du club ? Jean-Claude Papaix s’offusque de ces idées préconçues. « On peut ramer comme on fait du vélo. Chacun peut venir ici pour une heure ou une après-midi. Beaucoup viennent en solitaire entre midi et deux, d’autres aiment la rame à plusieurs (2, 4 ou 8). Le club accueille les sportifs et les amateurs de loisirs. Le matériel a beaucoup évolué et les bateaux permettent de satisfaire toutes les demandes. »


UN BATEAU COÛTE 1500 EUROS

Dans le hangar de ce club fondé en 1982 et qui accueille près de 500 adhérents, 150 bateaux bichonnés s’empilent sur d’immenses étagères. L’aviron réclame de la place, du matériel et de l’entretien. Et aussi des moyens financiers. Le « huit » de compétition est délicatement retiré de son support. Mieux vaut prendre soin de cet engin qui coûte la bagatelle de 30000euros. Les bateaux d’initiation, larges et plats, coûtent quand même 1500 euros. Pour faire fonctionner l’ensemble de cette base municipale, six emplois sont nécessaires. « Il faut jongler avec les aides et les subventions et c’est une aventure chaque année. Mais, sans cela, nous ne pourrions pas assurer notre vocation sociale. 1300 scolaires des quartiers Nord pratiquent l’aviron durant les heures d’EPS et près de 800 jeunes viennent sur le site l’été dans le cadre du programme Ville, Vie Vacances. Et nous développons un projet handisport. Nous voulons vraiment permettre au plus grand nombre et notamment aux enfants défavorisés de découvrir ce sport magnifique aux grandes vertus pédagogiques.»Un sport pour tous et financièrement très accessible. Au TASL, il n’en coûte que 160euros par an pour un adulte et 95 euros pour les plus jeunes.



UN SPORT AIMÉ DES KINÉS

En plein centre ville, l’Aviron Toulousain offre un superbe écrin de verdure et de magnifiques installations municipales pour pratiquer l’aviron. « C’est un plan d’eau facile à utiliser, à l’abri du vent, dans un environnement sauvage au coeur de la ville », se réjouit le président Jean-Luc Sellem. Ici, les cadres viennent évacuer leur stress et respirer aux côtés des compétiteurs. Ce grand club qui produit des champions de France chaque année mêle loisirs, convivialité et entraînement de haut niveau au sein de son école (12 à 30 ans). La Fédération a choisi ce haut lieu de l’aviron pour installer le «Pôle France» qui accueille les plus fines rames du pays. « L’aviron a longtemps souffert d’une image de sport élitiste. Il existe aujourd’hui à Toulouse des clubs très complémentaires et des formules pour tous les goûts. On peut pratiquer toute l’année. Ça fait du bien à tous les muscles, d’ailleurs les kinés sont nos meilleurs promoteurs, et ça vide la tête. » Un peu plus loin sur la Garonne, on rame aussi à l’Emulation Nautique, un des plus anciens clubs de France, né au milieu du XIXème siècle. Un cadre un peu plus feutré qui n’accueille lui que des adultes. Ils sont plus d’un millier, sans compter le club universitaire du TUC, à goûter aux charmes de l’aviron à Toulouse.